Témoignages

Politique et industrie du tabac

Paul-Emile (29 ans) - Nationalité francaise - le 28 Mars 2012
"Bonjour, Je m'appelle Paul Émile, j'ai 29 ans et j'ai décidé d'arrêter de fumer depuis un mois et demi, c'était mardi 14 février 2012, jour la saint-valentin; depuis ce jour, ce n'est que du bonheur d'avoir retrouvé ma liberté d'enfant ! J'ai allumé ma première cigarette à l âge de 12 ans, résultat; cela faisait déjà plus de 17 ans que je fumais !!! Je suis issu d'une famille dont les parents sont tous deux non fumeurs et dont je suis l'aîné. Pourtant, très tôt, j'ai eu l'envie d'essayer la cigarette. Certainement pour paraître plus grand, me dire que ça allait m'aider à passer un cap de ma vie, pour vouloir faire comme les copains plus âgés, comme certains adultes de mon entourage ou héros de films, et aussi peut être pour masquer un certain mal-être... Quoi qu'il en soit, le mal était fait, je suis très vite et trop vite tombé dans cet esclavage nicotinique, dans ce fameux piège tendu par ces fumiers de fabricants de cigarettes! Maintenant, mes deux principales préoccupations en ce qui concerne le tabac, sont d'une part, de m'en sortir et surtout ne jamais reprendre une seule bouffée pour le restant de ma nouvelle vie, et d'autre part, je vais essayé de trouver le plus possible d'arguments et de façons pour éviter à ma fille, à mes futurs autres enfants et à tous les enfants et jeunes de mon entourage, de tomber dans cette grave et incontrôlable dépendance qu'engendre cette drogue qu'est le tabac! J'ai déjà pensé à les emmener voir de leurs propres yeux, des personnes malades du tabac (chose que je regrette que mes parents n'aie pas faite et que j'ai décidé de faire très prochainement), à les informer le plus possible sur les dangers du tabac (substances cancérigènes et maladies) ainsi que sur toutes les façons de penser, les habitudes, les mécanismes , les associations, les automatismes et les réflexes liés à son usage, ceci afin qu'ils disposent d'un maximum de connaissances pour arriver à déjouer les pièges qui se présenteront inévitablement à eux à un moment ou à un autre de leur vie. Maintenant, je vais tenter de vous raconter mon périlleux et épuisant parcours de fumeur. J'ai donc allumé ma première cigarette en compagnie de mon frère, âgé d'un an de mois que moi, une fin d'après midi, dans notre salle de bain, devant le miroir. Je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant j'avais à peine 12 ans. Voici un aperçu de ce que j'ai ressenti en allumant cette clope; l'odeur de la fumée étais infecte, le goût dans la bouche immonde, j'avais les yeux rouges et je toussais déjà comme un vieillard. Bref, que des bonnes sensations, n'est-ce pas ?! Il n'empêche que cette expérience, qui fut tout ce qu'il y a de plus désagréable, ne m'empêcha pas de recommencer très vite. La dépendance s'installa en quelques semaines et j'allais très vite dépenser la totalité de mon argent de poche dans l'achat de paquets. Honte à moi, mais maintenant, avec le recul et la maturité, je peux avouer que lorsque je n'avais plus assez d'argent pour m'en acheter, je volais dans le porte feuille de ma maman pour aller voire le buraliste et ainsi pouvoir me procurer ma dose de nicotine en contre partie. Arrivé à l'âge de quatorze ans, je fumais une dizaine de cigarettes par jours, et entre la quatrième et la troisième, j'ai fais mes premières expériences avec le cannabis. Une fois entré au lycée, j'étais devenu totalement accro aux joints, je commençais à prendre quelques bangs et la liberté de pouvoir fumer dans l'enceinte du lycée et à chaque inter court m'avais conduis à pousser ma consommation de cigarettes à un paquet journalier. Je me suis également mis à consommer de l'alcool régulièrement (des bières au début et très rapidement je suis passé aux alcools fort dont le whisky), en grande quantité le weekend et même certain jours de cours. C'est entre la classe de première et de terminal que j'ai eut mon tout premier déclic de " l'idée d'avoir envie d'arrêter de fumer ". Si bien qu'un soir, par la fenêtre de ma chambre, j'ai pensé qu'en fumant une trentaine de cigarettes blondes à la suite en l'espace de quelques heures à peine, je serais dégoûté définitivement du tabac et que je n'y retoucherais jamais plus. Quelle illusion et grande déception; j'ai simplement réussi à vomir deux fois dans la nuit et à rallumer ma première cigarette de la journée dès le lendemain matin à la même heure que tous les autres jours! Je me suis alors dis que j'essayerais à nouveau d'arrêter plus tard, un jour, quand la maladie me ferait vraiment peur. Deux années étaient déjà passées depuis et j'avais obtenu mon BTS. Ma scolarité terminée, je commençai à trouver un petit job, j'étais indépendant, je me sentais mature, presque invincible, en assez bonne santé alors je décidai d'une seconde tentative pour arrêter la cigarette. Et sans l'aide de substitus nicotinique ni soutien quelconque, je suis assez facilement parvenu à ne plus fumer aucune clope. J'étais alors assez fier de moi, sauf que je me cachais une toute autre réalité; c'est que mon besoin en nicotine était toujours présent et que pour le combler, ma consommation de joints et bangs avais triplé voire quadruplé! J'étais bien avancé, je me disais ex-fumeur de cigarette alors que je fumais toujours autant de tabac mais de façons différentes. Le problème qui se posa est que la consommation excessive de cannabis cumulée à l'alcool et au tabac m'a conduis à une dés-sociabilisation totale, à la déprime, à l'angoisse, au désintéressement de toute chose, bref j'étais devenu une loque. Heureusement que j'ai eut la force d'appelé mon frère à l'aide et que mes parents m'ont proposé de revenir vivre chez eux, sans quoi je ne suis pas certain que je serais encore là aujourd'hui. Après quelques semaines de repos, je décidai de rentrer en institut psychiatrique dans le service des addictologies afin de décrocher du cannabis qui faisait partie intégrante de ma vie et qui avais fini par me rendre tellement malheureux. Au bout de deux semaines et demi de traitement, sans aucune visite, mis à l'écart de tout fumeur, les médecins m'ont réappris à vivre sans cette drogue. Ce fut un succès et je me félicite aujourd'hui de ne pas avoir retouché le moindre pétard depuis plus de huit ans! J'en ai également profité pour trouver un nouvel emploi dans lequel je m'épanoui. Par contre, peu de temps après ma sortie de l'hôpital, je me suis remis à fumer quelques cigarettes occasionnelles, qui sont très rapidement redevenues journalières, pour retrouver ma consommation d'origine, le paquet par jour, accompagné de bitures d'alcool tous les weekend et sans exception. Durant ces six dernières années, je n'ai fais qu'arrêter de fumer et reprendre; cela pouvais durer trois jours comme une semaine, un mois, plusieurs mois et mon plus long arrêt a quand même été de trois ans. J'ai eut recours aux patch, au champix, aux pastilles à sucer, mais rien n'y à finalement fait, car j'ai toujours fini par reprendre. Depuis bientôt un an, j'ai appris à réguler ma consommation d'alcool; je n'en possède déjà plus la moindre goutte à la maison et s'il m'arrive d'en consommer, c'est uniquement un verre de bon vin lors de repas de famille et même pas systématiquement! J'ai trouvé le courage de faire cet énorme pas en avant pour ma fille qui aura bientôt deux ans et plus particulièrement pour ma si merveilleuse future petite femme qui a toujours su me soutenir dans toutes les épreuves que nous avons traversées ensemble. En fin d'année 2011, j'ai malheureusement fais une grosse dépression; trois mois d'arrêt de travail, des antidépresseurs à prendre pendant six mois minimum et des rendez vous avec une psychiatre. Je m'en suis assez bien remis, mais après m'être référé a plusieurs enquêtes traitant de ce sujet, j'ai découvert que les fumeurs étaient, et en particulier ceux qui commencent à fumer depuis l'adolescence, beaucoup plus exposés à ce genre de maladies dépressives (encore merci au tabac et sa multitude de produits chimiques que l'industrie du tabac prend soin d'y administré). Enfin, au début de cette année 2012, j'étais de plus en plus fréquemment sujet à des quintes de toux, et dès mon réveil et tout au long de la journée jusqu'à mon coucher, je crachais d'immondes glaires jaunâtres, j'avais aussi de plus en plus de difficultés à respirer normalement, je dormais très mal et j'étais très vite essoufflé. Je commençais à faire le bilan des fortunes que je dépensais égoïstement pour l'achat de ces satanées cigarettes et du temps impressionnant que je gaspillais à fumer (environ 20 heures par semaine tout cumulé). L'odeur détestable du tabac froid que je traînait partout et en permanence avec moi commençais à m'écurer et à contrarier tous mes proches et mes dents ont aussi commencés à jaunir et à se tacher sérieusement. J'ai alors pris l'initiative de me rendre au centre de tabacologie et d'addictologie de ma région pour suivre des séances de groupe. Ces dernières étaient animées par une psychologue tabacologue et un médecin qui nous ont largement aidés à nous déprogrammer de la cigarette. Nous étions cinq patients et j'ai assisté aux six séances qui étaient prévues, à raison d'une par semaine. J'aurais du faire cette démarche depuis de nombreuses années, je regrette de ne pas m'être lancé avant, et c'est bête à dire, mais c'est en référence au film " le pari " que je n'ai jamais osé franchir le pas (pourtant rien à voir, c'est tellement exagéré dans ce film). Pour m'aider à arrêté de fumer, j'ai des patch à mettre pendant deux ou trois mois, je prend des pastilles à sucer (5 à 10 par jour les premières semaines et actuellement j'en suis à une ou deux). Je continue également à avoir des rendez vous réguliers avec une tabacologue du centre qui m'aide à faire le point et à m'encourager. Régulièrement et aussi souvent que je le désire et que j'en ressent le besoin, je consulte le maximum de sites internet qui traitent des sujets liés au tabac, et cela m'aide énormément dans ma démarche d'arrêt (mes favoris sont : la méthode CAT Basset et Trucs pour arrêter la cigarette). Mon bilan à ce jour est très négatif en ce qui concerne ces drogues que sont le cannabis, l'alcool et le tabac. Si j'avais épargné la totalité de l'argent que j'ai dépensé pour ces trois drogues réunies, j'aurais déjà une maison d'environ 250 000 euros! Quel gâchis!! Actuellement, je n'ai pas de signes apparents de maladies dues à mes consommations de tabac, d'alcool et de cannabis et j'espère vraiment pour moi, mais également pour ma famille et mes proches, que je n'ai pas réussi à arrêter de fumer et boire avant qu'il ne soit trop tard. Il n'est pas rare que certains cancers, notamment ceux des poumons, se manifeste 5,10 ou 15 ans après avoir arrêter de fumer. Ma conclusion: ne commencez jamais à consommer ces drogues, dissuadez autant que vous le pouvez tous vos proches qui commencent et si le mal est déjà fait, faites vous aider et n'hésitez pas à les aider. Se débarrasser d'une drogue demande certes, une volonté de fer, mais aussi de l'aide et du soutien, persistez et ne vous découragez pas, arrêtez avant qu'il soit trop tard et n'oubliez pas que les maladies et les cancers ça n'arrive pas qu'aux autres. Remerciements à mes parents, mes frères et ma sur, mes beaux-parents, belles surs et beaux frères, mes grands parents, mes médecins, ma famille et tous mes proches qui me soutiennent dans ce combat de tous les jours"
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