Témoignages

Politique et industrie du tabac

natascha (35 ans) - le 20 Décembre 2012
"Voici mon témoignage sur le tabagisme au jour d'aujourd'hui. Je suis ex-fumeuse. Jusqu'à ces dernières années, j'avais arrêté de fumer pendant plus de 10 ans. J'avais quitté le tabagisme qui tue les fumeurs et les fumeuses à petit feu, avec leur consentement, sous l'influence néfastes des impitoyables fabricants d'armes de destruction massive que sont les cigarettiers. J'avais repris ma destinée en main, choisi de cesser d'avaler et de revendiquer cette fumée destructrice. Cela m'amène à une petite parenthèse à propos des cigarettiers, de leurs publicités et de ceux qui acceptent de l'argent pour les rendre visibles: J'ai été odieusement choquée de la récente attaque de publicité d'une marque de cigarettes, visant explicitement les jeunes (elle ne montrait que des jeunes gens), prônant que le fait de pas fumer n'engendrait que des malheurs tels que: la solitude de ne pas avoir d'amoureux/se, l'échec de ne pas réussir dans la vie, etc. Je ne les citerai pas mais vous les avez sûrement reconnus. Choquée toujours lors de ma visite au Paléo festival : comment les organisateurs de cet événement osent t'ils se permettre ce genre de publicité dans leur enceinte? Rien ne justifie une telle influence négative sur un si grand nombre de personne commençant à peine leur vie. Au nom de l'argent, c'est pitoyable. Ça fait mal. Et cela est valable pour tous ceux qui ont permis que cette campagne publicitaire ou toute autre au nom de la cigarette soit visible, affichée, publiée, malgré le danger mortel que fumer représente. C'est effroyable. Parenthèse terminée. À l'époque de ce premier arrêt réussit, combattre l'habitude et le manque physique fut facile. Comme point de départ, un déclic m'avait portée; j'étais devenue une non-fumeuse convaincue dès mes premiers jours d'arrêt. Ce déclic m'a permis de combattre sans effort l'aspect lié à l'arrêt que je considère le plus difficile: l'envie psychologique de fumer. Cette envie pernicieuse, je l'avais quittée par choix personnel. J'étais sûre que jamais pour rien au monde je ne recommencerais. C'est ce que je voulais pour toujours. Une conviction intime profonde malgré laquelle un soir de fête, il y a trois ans, j'ai repris une cigarette... Pourquoi après tant d'années sereines sans tabac j'ai d'un coup trouvé ça "cool" de fumer?!? Je n'ai pas compris ce qui a provoqué et installé ce revirement en moi. L'envie psychologique était revenue sans que je la reconnaisse ni que je lutte contre, au contraire. Je n'ai pas lutté non plus contre la reprise régulière et j'ai très vite recommencé à presque un paquet par jour. Le manque et l'irritabilité dès que je n'avais pas ma clope, la mauvaise volonté à l'idée d'arrêter, les mensonges sur ma quantité quotidienne, les mauvaises odeurs et haleine, la toux du fumeur, etc. faisaient à nouveau partie de mon quotidien. Ça fait 3 ans maintenant que j'ai rechuté et durant tout ce temps j'ai été partagée entre d'un côté, l'envie d'arrêter de nouveau et la culpabilité d'avoir repris ; et de l'autre côté, l'envie pernicieuse de continuer à fumer et le "je fais ce que je veux" (une vraie contradiction et un énorme mensonge à moi-même). Début 2010, j'ai arrêté durant 4 mois, tout en ayant quotidiennement envie de fumer je n'avais pas eu de vrai déclic personnel. J'ai rechuté encore, n'ayant plus le courage de cette lutte et de ce déchirement intérieur qui revenait sans cesse. Ce déclic je devais le provoquer, le chercher, le vouloir. Envers et contre la droguée en moi et ses arguments bidons. Aujourd'hui, après un long travail sur moi, cela fait deux jours que j'ai arrêté. Enfin, le déclic, non sans peine. Je pense que le plus dur pour arrêter de fumer est de reconnaître et de renoncer à l'envie psychologique; et que ce travail doit être commencé avant de s'attaquer à l'envie physique et aux habitudes. Bien que ce soit le plus difficile, ce déclic est à portée de tous. Nous sommes maîtres de nos décisions. Comme m'a dit mon frère, ex-fumeur vers qui je me suis tournée il y a quelques jours dans un moment de désespoir: "quand on veut, on peut". Ça peut paraître simpliste à lire comme ça mais je crois sincèrement qu'un de nos atouts principaux pour réussir est la volonté d'arrêter. La volonté sincère. Il me l'a rappelé et je l'en remercie. Je suis ravie. Sentir l'odorat revenir déjà après un jour, la toux s'estomper, c'est tellement motivant! Mes quelques insomnies sont dérisoires face à ce que je redeviens. Par expérience, je sais déjà que ce que je viens d'entreprendre ne m'apportera que du bon. Désormais la fierté d'avoir arrêté est bien plus forte que tout, l'envie d'arrêter m'occupe à 100%, l'autodestruction c'est terminé. Je suis prête à rester non fumeuse. À vie. Ce témoignage permettra je l'espère à au moins un/e fumeur/se de réveiller sa volonté personnelle d'arrêter de se détruire. Cette volonté peut contrer tout le reste! Elle peut nous rendre plus fort/e que l'envie insufflée par les cigarettiers, plus fort/e que la dépendance, plus fort/e et déterminé/e au point que le fait d'arrêter sera facile! Ce témoignage m'aura en tout cas permis de mettre des mots sur ma lutte intérieure et sur mes faiblesses et mes victoires et de ressentir encore plus fortement la joie d'avoir mis fin à ce calvaire que je m'auto-infligeais, en le partageant avec vous. Merci de m'avoir lue, et merci à stop-tabac.ch pour nous donner la parole et pour son travail remarquable. "
Catégories associées:
Comment trouvez-vous ce témoignage ? Evaluation moyenne: 8 (14 votes)
peu intéressant
très intéressant
 
votre note:
   

Autres témoignages pour Politique et industrie du tabac: (cliquez sur Note ou Date pour trier)
Prénom: Note: Date:
Valérie  9 05 Octobre 2012
paula  9 08 Août 2007
delphine  9 19 Avril 2006
Régi  9 07 Mars 2006
Roger  9 29 Juin 2005
natascha  8 20 Décembre 2012
Paul-Emile  6 28 Mars 2012
Afficher les témoignages