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Famille/Ami:


Henri (39 ans) - Nationalité Française - le 27 Novembre 2010

"Bonjour à tous, voilà maintenant 7 ans que j'ai arrêté de fumer mon paquet quotidien. Comment ? Sur un coup de tête, à la suite d'une émission sur une chaîne Française qui était censée expliquer comment "Arrêter de fumer". A part des vérités premières du genre : - "le tabac, ce n'est pas bon", - "le tabac ça fait tousser", - " le tabac coute cher", - ....., rien, pas une ombre de début de piste pour me faire basculer du côté de "ceux qui ont décidé d'arrêter". C'était pourtant un jour comme un autre, j'avais un tour de 40 km à vélo avec un copain le matin, une fois retourné à la voiture pour ranger nos montures : une bonne clope pour remettre tout en place. L'après-midi, petite balade en famille, quelques clopes : tout va bien ! Et le soir cette émission de m%$*e en bruit de fond tandis qu'on prépare le repas. A chaque vérité première je sortais moi aussi une connerie "J'm'en fout, j'ai arrêté de fumer (depuis une 1/2 heure)". C'est là que ma bonne fée, ma femme (fumeuse aussi), est intervenue : - "tu as envie qu'on s'arrête ?" - ".......... Euhhhh, ben....... oui, comme tout fumeur qui a encore un neurone en état !" - "si tu veux, on a rendez-vous dans 15 jours pour la visite des 1 an de la petite, on pourra en parler au médecin." - "ben non, si on décide de s'arrêter, on s'arrête tout de suite, dans 15 jours on aura oublié, ou il fera froid ou gris et pluvieux, ou trop chaud, ou .... encore une excuse ! Maintenant ou jamais !" Dans ma petite tête, une voix suppliait pour qu'elle ne réponde pas, ou qu'elle dise de laisser tomber. Une autre espérait que ma dulcinée donne une poignée d'ordres, le spectre de feu mon beau-père décédé d'un cancer dû au tabac rodant de temps en temps...... Et là, elle lâcha : - "Ok, mais si on s'arrête, on s'arrête, ce n'est pas pour recommencer dans 3 jours !" Ah mon dieu, elle l'a dit. C'est décidé, on franchit la pas. Et en plus elle me mets au défi. Le lendemain au boulot, j'annonce ma GRANDE décision ! Un pleutre me sort "Tu ne tiendras jamais !" Lui aussi doute de ma volonté, pourtant habituellement quand je m'engage, je respecte ma parole.... M'en fout, je le ferai mentir aussi ! Les jours passent, je tiens, mon épouse : non. Le lendemain déjà elle craque. Je l'encourage, elle s'arrête à nouveau pour.... 2 jours. Et comme ça pendant 15 jours. Je tiens toujours bon, je suis sur les nerfs, au boulot mes copains prennent sur eux pour supporter mon caractère de merde (je ne m'en rends même pas compte). Le soir de retour à la maison, je suis fier comme tout, encore une journée de gagnée, 3 en plus dans mon escarcelle : - "alors ma chérie ? Ça va ? Moi ça a été dur, mais j'ai résisté. Je suis content." - "Tais toi, c'est malin, j'y pense toute la journée, et tu viens encore remuer le couteau dans la plaie. Merci. T'es vraiment trop con !" GRHHHHH, Zen, reste Zen, ferme ta grande bouche..... j'vais la tuer..... non faut pas...... - "et les enfants ont été sages aujourd'hui ?" - "oui, ça allait, des bêtises et des calins". Les jours s'égrènent, je pense clope tout le temps, je mange clope, je vis clope, je dors clope, la cigarette m'obsède, et ça passe si doucement, trop doucement. 15 jours : je tiens bon, seul puisque c'est un sujet tabou à la maison. 20 jours : sortie vélo avec les copains, le souffle va beaucoup mieux, dans les grosses montées j'étais phytoxé avec le palpitant qui dépassait 165... là je tiens les 7 km de montée à 170 sans lever le pied... mon vélo a été changé ? 2 mois : toujours un peu à cran, j'en profite pour péter mon dérailleur (une vitesse qui passe mal, je le hais, force comme une mule car il doit payer, la patte se déchire, je dérailleur passe entre le cadre et la roue : SCROUTCH, j'ai gagné, je l'ai eu, fallait que quelqu'un ou quelque chose paie.... mais je suis à pied sur le reste du parcours). 6 mois : tiens ? Ça fait combien de temps que je n'ai pas pensé à cette merde ? Oh ! L'eau a un goût et une odeur ! Le temps reprend son défilement normal, je me rend compte à quel point j'étais dépendant. Je me souviens de soir de permanence au boulot, je soulève le rabat de la poche de poitrine de ma chemise, plonge les doigts dans le paquet entr'ouvert... et rien. Je fouille plus loin, ce sont des longues que je fume, donc quand il n'en reste que 3 ou 4 de travers, faut les trouver... je sors le paquet, jette un il angoissé...... AHHHH y'a plus rien : LA CATASTROPHE - PLUS DE CLOPE ! Sentiment de malaise, mal au ventre, je vais mourir si je ne fume pas ! Idée ! Direction la salle de pose, farfouille le cendrier, récupère les mégots et les remets en état, avec une dizaine ça va, je suis rassasié ! OUFFFFF, je vais survivre ! Vieux souvenirs qui me laissent un sentiment mitigé : - de temps perdu (j'ai fumé pendant 16 ans), - d'argent gaspillé, - de fausses idées (j'adore fumer, ça n'arrive qu'aux autres, ...), - de fierté (j'en suis revenu), - de haine (envers tous les vendeurs de mort), - de chagrin (mon beau-père était sympa). La page est tournée grâce au travail psychologique de ma femme et du copain, il fallait que je leur montre ! Enfin, elle est presque tournée... 2 après que nous ayons arrêté, ma femme et moi, j'ai eu besoin de son mobile pour passer un coup de fil... ouvre son sac à main et..... HORREUR. Un paquet de clope. Pourquoi ? Quand ? Pourquoi ne pas me l'avoir dit ? ON avait réussi ! Réponses évasives, il y a 6 mois, je ne sais plus pourquoi..... pour finir par cracher le morceau : je n'ai jamais arrêté ! Le voile est levé, la vérité me saute aux yeux, quand elle rentrait du boulot et qu'elle puait la clope "Ce sont les copines, qu'est-ce qu'elles fument....." et moi, con comme une huître à marée basse "Ah, d'accord, elles font chier quand même." Ben oui, la parole de ma femme est au-dessus de tout, elle dit, c'est : un point c'est tout. Bagarre ("t'as encore fumé" - "Non, t'es un salop, tu ne me crois jamais"), doutes (a-t-elle encore fumé ?), révélations (tiens, elle est en train de fumer au boulot), burlesque ("J'ai résisté toute la soirée avec les copines et tu ne veux pas me croire, la prochaine fois je ne résiste pas comme ça tu feras la gueule pour quelquechose"), autres doutes (et si elle me mentait sur d'autres sujets, elle mentirait aussi bien), discussions (je suis là pour toi, tu veux t'arrêter de fumer, si tu sens que t'as envie de fumer, appelle moi même au boulot, on en discute et s'il faut j'arrive), attente devant le téléphone qui ne sonne jamais. Et vient LA question : "Si on en faisait un 3eme ?" Et ma réponse : "Pas de soucis, quand t'auras arrêter de fumer." Encore quelques bagarres et quelques 2 ans après : "Je ne fume plus, on lance le 3eme ?" "OK, allons-y !". La grossesse se passe bien, l'accouchement à merveille.... "Mon chéri, dans mon sac à main il y a le livret de famille pour la déclaration à la mairie". Je déteste les sacs à main, surtout quand celui de ma femme contient un paquet de clope... Argggghhhhh je me suis fait encore avoir. Tiens, ça me fait penser à un dicton : "Con un jour, con toujours !" J'ai mal, je souffre, j'ai peur, je n'arrive pas à la décider car de toute façon son souffle court quand elle revient de l'école (à 350 m) en courant avec le grand qui a 11 ans , ça n'a rien à voir avec la clope. Pareil quand elle chope la bronchite de la plus jeune... la petite met 3 jours à être sur pied, la grande ça traîne 15 jours. Et son infection pulmonaire il y a 2 ans : 15 jours d'arrêt de travail.... Ma femme est tout pour moi, à chaque fois que je sens cette odeur sur elle ça me retourne l'estomac, j'ai l'impression qu'elle se poignarde, je m'en veux de ne pas avoir su lui insuffler cette volonté d'arrêter. Après le jeu "J'ai envie d'arrêter mais je n'y arrive pas" maintenant on en est à celui du chat et de la souris. Elle planque ses merdes et je fais la chasse, je ne conçois pas de laisser ma moitié se détruire en donnant mon aval ou en laissant faire les yeux fermés (pas comme sa mère avec le beau-père : "c'était sa volonté, il a choisi de fumer même si les médecins l'avaient prévenu (après une 1ère alerte sérieuse)". Pourtant ce serait si facile d'être lâche et de la laisser faire à sa guise.... moins d'hôtel du cul tourné, moins de prise de tête, moins d'estomac noué quand je rentre à la maison. Je tiendrai bon, même si je dois bruler tous les buralistes de la Région GRHHHHHHHHHHHHHH"

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