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Le dosage des substituts nicotiniques
Toute
personne qui utilise des substituts nicotiniques se pose
des questions importantes et légitimes sur le dosage.
La première chose à faire est de calculer
la dose à laquelle on était habitué,
en tant que fumeur. Car il y a entre 6 et 17 mg de nicotine
dans chaque cigarette, dont 1 à 2 mg seront absorbés
par le fumeur.
La plupart des spécialistes
sont d'avis que le dosage en substituts nicotiniques doit
être d'environ 1 mg de nicotine par cigarette
éliminée. D'après ce principe, une
personne qui fume 25 cigarettes par jour pourrait prendre
un patch à 24,9 mg ou prendre 12x2mg microtabs.
Ce principe de 1 mg de nicotine par cigarette
doit toutefois être relativisé.
D'abord, Il faut garder en mémoire que les gommes
et les patchs relâchent seulement 70% à 75%
de la nicotine qu'ils contiennent, contrairement aux microtabs
dont toute la nicotine est ingérée. Ensuite,
des recherches récentes montrent que le nombre
de cigarettes par jour doit être pondéré
par l'intensité avec laquelle
on "tire" sur la cigarette.
Mais le fait de fumer tel ou tel type de cigarettes,
n'est pas d'une grande utilité pour déterminer
la dose de substituts nicotiniques. Il ne faut surtout
pas oublier que les cigarettes légères sont
capables de délivrer autant de nicotine que les
cigarettes dites normales!
Les personnes qui tirent très
fort sur leurs cigarettes et qui n'arrivent pas à
réduire leur consommation auront sans doute besoin
d'une dose plus forte de substituts nicotiniques. De manière
générale, les fumeurs très dépendants
doivent être suivis par un médecin.
Au contraire, les personnes
qui fument moins de 5 cigarettes par jour, qui fument
leur première cigarette de la journée plus
d'une heure après le réveil et qui ne ressentent
pas de symptômes de sevrage ne sont probablement
pas dépendantes. Pour ces personnes, les substituts
nicotiniques sont moins utiles. Si elles se sentent néanmoins
très dépendantes, il se peut que l'addiction
soit moins physique que psychologique ou comportementale.
Dans ce genre de cas, un soutien médical ou psychologique
est également indiqué.
Enfin, tous les gens ne sont
pas égaux devant la même dose de nicotine.
Des facteurs physiologiques spécifiques, souvent
héréditaires, déterminent en effet
la proportion de nicotine qui devient disponible dans
le sang ainsi que la sensibilité de l'organisme
à la nicotine.
Le surdosage de substituts nicotiniques
est plutôt rare. Mais cela arrive,
alors il mieux vaut savoir en reconnaître les signes:
dégoût total du tabac, goût désagréable
dans la bouche, maux de tête, vertiges, insomnies,
augmentation du rythme cardiaque, nausées, voire
diarrhées. En cas de surdosage, il suffit généralement
d'enlever son patch ou de cracher sa gomme ou son microtab.
Le sousdosage
est un phénomène bien plus courant.
Ce sont alors les symptômes de sevrage qui apparaissent,
et on risque de faire une rechute. Mais si on ne se sent
pas bien (nervosité, insomnies), il n'est pas toujours
facile de savoir si c'est parce qu'on prend trop de substituts
nicotiniques ou pas assez. En principe, si on a encore
envie de fumer, il s'agit d'un sous-dosage. Et si on est
totalement dégoûté du tabac, c'est
un surdosage. Si on souffre de ce genre de symptômes
ou si on a un doute quant au dosage, il faut consulter
un médecin.
La durée recommandée
du traitement avec les substituts nicotiniques
est de 2 mois à 3 mois. Il est
déconseillé d'arrêter plus tôt,
même si on se sent bien, parce que les rechutes
sont très fréquentes durant les premiers
mois après l'arrêt du tabac. L'arrêt
intempestif du traitement est l'une des plus grandes causes
d'échec du sevrage tabagique.
L'arrêt du traitement: en général,
on conseille de ne pas arrêter
les substituts nicotiniques d'un
coup, l'idée étant de laisser à
l'organisme le temps de se désaccoutumer. Mais
des études cliniques montrent que les personnes
qui arrêtent les substituts du jour au lendemain
ont autant de chances que les autres de réussir
l'arrêt durable du tabac. C'est donc avant tout
une question de stratégie personnelle, qu'on doit
déterminer seul ou avec son thérapeute.
Tout au plus, on recommande aux fumeurs qui arrêtent
les substituts nicotiniques d'en garder quelques-uns à
portée de main pendant les premières semaines,
en cas de besoin urgent (tout vaut mieux que de reprendre
une cigarette!).
Référence:
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JF Etter, TV Perneger Journal of Epidemiology & Community
Health 55, S. 674-680 (2001).
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