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Renforçateurs
du tabagisme
Chaque fumeur l'a déjà
vécu, sans forcément se l'avouer: le fait de se
trouver dans certaines situations ou de voir certains objets donne
envie de fumer.
En se basant sur les théories de l'apprentissage par conditionnement,
les psychologues disent que ces situations ou ces
objets ont été associés à
des renforçateurs. Depuis le premier jour où il a
commencé, le fumeur a associé
les avantages à fumer avec un certain nombre
d'objets
(briquets, cendriers, etc.), de
situations (pauses au travail,
après repas, etc.) voire
d'autres comportements (boire un
café, attendre un bus etc.); dès lors, la seule
apparition d'un de ces stimuli, c'est à dire d'un de ces
objets
ou de ces situations, peut réveiller le désir de
fumer.
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Le drame du tabagisme est
que les renforçateurs - ou avantages à fumer -
poussant
à reproduire le comportement de fumer sont
immédiats: ce
sont par exemple la relaxation, la stimulation de la nicotine ou encore
le goût. Alors
que les phénomènes négatifs - les
désavantages à fumer - se rencontrent
généralement dans un
avenir plus ou moins lointain: ce sont la toux chronique, le manque de
souffle, les maladies graves., etc.
Les conséquences positives mais minimes du tabagisme sont
donc
plus aisément perçues que les
conséquences
négatives et pourtant graves, le comportement est plus
facilement renforcé. Cela expliquerait en partie pourquoi il
est
aussi difficile de prendre la décision d'arrêter
de fumer,
même quand on sait que c'est dangereux pour la
santé.
Associés
avec les avantages immédiats à fumer, certains
objets deviennent eux-mêmes des
renforçateurs (dit secondaires) et incitent à
fumer. Parmi ceux-ci, on trouve le paquet
de cigarettes ainsi que le briquet:
le simple fait de les voir peut donner très envie de fumer.
D'ailleurs, dans un article publié en 2004, des chercheurs
anglais ont montré que les femmes sont plus sensibles
à ce genre de stimuli psychologiques que les hommes.
L'un des premiers conseils donné
parfois aux
personnes souhaitant arrêter de fumer est donc de jeter
tous ses paquets de cigarettes, briquets
et cendriers. Il faudrait ajouter
à cette liste tous les articles bardés du logo
d'un des cigarettiers (voitures de Formule 1, lignes de
vêtements dérivées de marques de
cigarettes, etc.) En effet, les industriels de la cigarette sont les
premiers à avoir compris cette particularité du
fonctionnement humain et c'est l'une des raisons pour lesquelles ils
essaient d'imposer leur publicité partout où ils
le peuvent.
Chaque
personne a une histoire
propre avec le tabac. Chacun a appris à associer le tabac
avec
des objets ou des situations qui lui sont personnels. Il
est donc possible pour les fumeurs qui le souhaitent de
déterminer où, quand et avec qui la tentation de
fumer devient plus forte. On peut alors établir un décompte
de lieux et de situations
qu'il vaut mieux éviter, du moins pendant les
premières semaines du sevrage.
La
boite à outils de l'arrêt: déterminez
les situations à risque de rechute avec votre "Journal du
fumeur"
On peut aussi passer en revue les lieux et les
situations qui réduisent ou qui ôtent l'envie de
fumer. Ce sont généralement les
activités sportives, la lecture, les spectacles, bref les
divertissements, mais cela
varie d'une personne à l'autre.
Référence
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M Field, T Duka. Pharmacology Biochemistry & Behavior 78(3), S.
647-652 (2004).
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