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Les techniques de motivation
TYPES D'INTERVENTION
Pour aider les gens à arrêter de fumer, certaines
méthodes restent très utilisées, bien
que la recherche scientifique ait démontré
depuis longtemps qu'elles ne fonctionnent pas. Par exemple,
les indications données par un professeur dans une
salle de cours n'ont aucune chance d'être efficaces,
et ceci est particulièrement vrai pour les adolescents.
De manière générale, les personnes
souhaitant arrêter de fumer (ou de prendre une autre
drogue) ont besoin de prendre leurs décisions elles-mêmes,
sur la base de leurs propres évaluations de la difficulté
de la tâche, des avantages et des inconvénients
d'un changement de comportement, etc.
Une autre stratégie qui ne fonctionne pas est de
chercher à éduquer les gens à travers
la confrontation. Un thérapeute ou un professeur
qui assène sa vérité à des personnes
"coupables" d'un comportement jugé déviant
n'a aucune chance de réussir.
D'autres techniques sont plus prometteuses. Par exemple,
l'intervention de l'époux ou l'épouse peut
aider une personne à changer son comportement. D'après
le groupe de chercheurs de la Cochrane Collaboration, qui
utilise des critères d'analyse rigoureux, l'efficacité
de ce type d'intervention (behavioural marital therapy)
n'est toutefois pas prouvée de manière définitive.
(Cochrane
Review, 2004)
Les mêmes chercheurs de la Cochrane Collaboration,
après avoir passé en revue une cinquantaine
d'articles scientifiques sur le sujet, ont estimé
que les "thérapies de groupe" étaient
utiles dans le cadre de l'aide à l'arrêt du
tabac. Mais travailler à plusieurs n'est pas toujours
plus efficace qu'assister à des entretiens individuels:
ce sont le contenu et la structure des discussions qui sont
déterminants. Un exemple de travail de groupe très
structuré est le plan de 5 jours, qui a généralement
montré de bons résultats.
(Cochrane
Review, 2004).
Message 026:
CONTENU DES INTERVENTIONS
Pour aider les gens à arrêter de fumer, certains
thérapeutes mettent l'accent sur les outils que l'on
peut acquérir (skills training), alors que d'autres
préfèrent renforcer la motivation proprement
dite (motivational therapy). En caricaturant un peu, les
tenants de la première théorie estiment qu'arrêter
de fumer, c'est quelque chose qui s'apprend. Alors que les
seconds pensent que les gens consomment des drogues parce
qu'ils n'ont tout simplement pas envie de faire autrement
(leur envie d'arrêter de consommer la drogue en question
reste moins forte que le plaisir qu'ils en retirent). De
plus en plus, la communauté scientifique admet que
les deux choses sont importantes, et le site stop-tabac.ch
a toujours essayé d'intégrer ces deux approches.
Un bon thérapeute doit être en moyen d'apporter
quelques outils à la personne qui le consulte: techniques
de relaxation, savoir dire "non", maintenir et
développer ses relations, gérer la colère,
gérer les crises, résolution de problèmes,
être sûr de soi, etc. Ces outils servent notamment
à gérer l'anxiété et le stress,
à exercer la maîtrise de soi, et à réduire
les risques de rechute.
Sur le plan motivationnel, le thérapeute doit être
passé maître dans l'art de l'écoute
attentive de la personne qui vient le voir. Car ses conseils
doivent se fonder très précisément
sur ce qu'on lui dit. Il doit pouvoir rester neutre et accepter
que la personne montre de l'ambivalence par rapport à
l'envie d'arrêter de fumer. Il doit lui demander de
formuler les aspects positifs et négatifs de son
tabagisme et corriger - sans juger - les éventuelles
erreurs objectives. Il doit essayer de déterminer
si la personne est prête pour le changement, et si
elle est "compétente" pour le faire. Les
jugements de valeur et les critiques non-constructives sont
bien sûr à éviter. Un autre point important
est de découvrir quels sont les renforçateurs
positifs et négatifs de la personne qui consulte,
et de lui demander de fixer une date d'arrêt du tabac.
Message 035:
(entrée dans le module d'accompagnement
de l'arrêt du tabac)
Pour motiver leurs patients, les anglophones utilisent parfois
ce qu'ils appellent les 5R (il existe plusieurs variantes,
les francophones parlent parfois des 3E : écoute,
évaluation et éducation à l'arrêt):
o Relevance: toute discussion doit tenir compte de ce que
la personne vit en ce moment (consommation de substances,
maladies, histoire médicale)
o Risks: il faut tenir compte du risque de maladie mais
aussi du risque d'exacerbation de maladies existantes
o Rewards: mettre en avant les bénéfices du
sevrage, sur le plan du bien-être médical,
financier et psychosocial
o Roadblocks: identifier les obstacles qui pourraient empêcher
la progression vers le sevrage et établir des stratégies
pour les dépasser
o Repetition: ne pas hésiter à refaire le
travail plusieurs fois de suite, surtout si le patient n'est
pas très motivé au départ
(document en
français, le reste du site est en anglais)
Enfin, il est important de comprendre que la motivation
à l'arrêt du tabac n'est pas donné une
fois pour toutes, mais fluctue d'un moment à l'autre,
parfois de manière cyclique. D'après des théories
psychologiques, on peut subdiviser en 5 stades la progression
d'une personne fumeuse, depuis le moment où elle
ne pense même pas à arrêter jusqu'à
son arrêt complet du tabac, des rechutes étant
possibles. L'équipe de stop-tabac.ch a rédigé
des brochures pour répondre aux questions que l'on
peut se poser lorsque on se trouve dans l'un de ces stades
de changement (une sixième brochure est conçue
pour les rechutes éventuelles).
(commande gratuite pour la
Suisse, gratuite + frais d'envoi pour la France)
Références scientifiques :
Integrating Skills Training and Motivational Therapies:
Implications for the Treatment of Substance Dependence,
Journal of Substance Abuse Treatment, Volume 17(1-2) pp.
15-23 1999
JS Baer, DR Kivlahan & DM Donovan
Treatment motivation: An attempt for clarification of an
ambiguous concept. KH Drieschner, SMM Lammers & CPF
van der Staak. Clinical Psychology Review 23(8), pp. 115-1137
(2004).
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